Austérité : À qui prendre les 44 Mds d’euros ?
Écrit par Pierre Le Bec le 12 août 2025
Austérité | Le gouvernement de Bayrou souhaite réduire la dépense publique de 44 Mds et créé la décroissance pour demain.
Le gouvernement de François Bayrou s’enchaîne à essayer de vouloir à tout prix passer son projet de réduction des déficits publics par l’austérité. Or, une logique tente de s’en sortir : la micro-économie appliquée à un modèle macro-économique ne semble guère fonctionner jusque-là. En effet, une baisse de 43 Mds d’euros créera une contraction du PIB de 1,2 à 1,4 % soit une décroissance. Les conservateurs adorent railler les décroissants, mais c’est les premiers à mettre en place des mesures qu’ils jugent bon qui confrontent leurs talents.
Selon les différents modèles assez simplistes, l’austérité risque de créer une décroissance de – 0,7 % du PIB. La courbe en « U » se traduit par une baisse de la richesse créée. Ensuite par une augmentation modérée de cette dernière. Selon les calculs que nous avons faits, l’austérité sur une base de – 5 % à terme pourrait contracter via un effet domino jusqu’à 7,5 %. Cela a pour conséquence, une augmentation du chômage tout comme une augmentation des prestations sociales : les mêmes qu’ils veulent a priori diminuer.
Un État n’étant pas une entreprise, l’économie appliquée à ce dernier n’est pas la même, tout comme on ne fait pas de la physique atomique (physique quantique) sur des mouvements d’objet (physique newtonienne). Dans ce sens, on arrive à ce que disait un article du Grand Continent pour tenter de comprendre la problématique :
Et dans les années 1970, une tendance dominante de l’économie anglo-américaine orthodoxe était que la macroéconomie devait être « micro-fondée » et enracinée dans une économie du choix individuel.
Dans ce sens, la volonté de baisser la dépense publique se justifie à des égards par un refus d’augmenter les recettes publiques. Ainsi, le gouvernement est capable de distribuer près de 211 Mds d’euros, via des fonctions de transfert aux entreprises, ce qui correspond à 1 000 Mds par quinquennat pour un résultat nul. Les conservateurs et libéraux aiment bien souligner qu’un euro dépensé correspond à un euro utile, mais cette gabegie ne leur fournit pas de vision à long terme puisqu’ils ont des œillères.
Pendant que l’Aude termine de brûler au travers du plus grand incendie depuis 1949, le gouvernement préfère la dépense militaire qu’aux pompiers et aux civils. Les Canadairs manquent en raison de l’arbitrage malsain.
Souvent, les néolibéraux affirment que nous vivons au-dessus de nos moyens. Pourtant, ce sont eux qui sont responsables de la gabegie financière, car ils n’ont pas su maîtriser les recettes publiques en s’enfermant dans certains dogmes. L’extrême-droite qui se pavane de resquille sur un profil antisystème s’est associée au gouvernement Bayrou qu’elle rêve de voir tenir, parce qu’elle est son alliée. Dans ce sens, l’extrême-centre se retrouve à s’allier avec l’extrême-droite. Cela rappelle étrangement le Zentrum et les nazis durant l’entre-deux-guerres qui se sont alliés avec le parti nazi.
Les Centristes allemands pensaient que le mouvement totalitariste changerait quelque chose. Les Centristes finissent toujours par épouser les dogmes fascistes à travers l’intérêt d’une partie de la population et cela n’a rien à voir avec le progressisme.
Ainsi, la crise démarra par une volonté de l’austérité sur la vie de millions de personnes.