Pierrot : Bonjour ! C’est Pierrot, c’est votre animateur. Je suis avec Benjamin de Révolution Permanente et est ce que tu veux te faire une petite présentation Benjamin ?
Benjamin : Oui bonjour. Et bien je m’appelle Benjamin Sainty, je suis assistant social dans une clinique du Mans. J’ai trente neuf ans et en effet je suis militant à Révolution Permanente et présente une liste aux élections municipales. Et du coup, j’avais prévu une petite chronique pour commencer cette cette interview.
Pierrot : Donc c’est vrai qu’il me semblait nécessaire de faire une chronique pour mieux comprendre les enjeux de cette élection qui, malgré son ancrage local, aura un impact national dans le cadre d’une autre élection que l’on parle un peu moins, à savoir les élections sénatoriales via un suffrage des grands électeurs.
Aujourd’hui, la ville du Mans, elle est dirigée par Stéphane Le Foll à travers le Parti socialiste. Et on notera que ce dernier se présente avec une grande place publique. Il y a actuellement cette liste, si je me trompe pas. Oui c’est ça. Et comme tu le disais précédemment, toi tu représentes la liste Révolution permanente, reprendre le mot aux politiciens professionnels qui a soutenu cette ligne sur la liste, notamment avec ton binôme Tiphaine ?
Benjamin : Oui, exactement. On a mis en avant deux têtes de liste Tiphaine Gymnastique, qui est enseignante d’histoire-géographie et.
Pierrot : Et du coup pour aller vers les clichés. Elle est connue pour ses rillettes en concurrence avec celles de Tours et ironiquement, c’est. C’est arrivé notamment par la. Par le train sur la ligne classique avec Paris, en opposition avec la LGV. Actuellement, la ville est connue pour son circuit centenaire qui permet donc de faire rayonner la ville jusqu’à une partie à l’international. Puis il y a la cathédrale qui serait au conditionnel parce que moi j’ai pas d’avis sur la question. La plus belle de France.
Pourtant, loin de cette vision idyllique, se trouve une ville différente puisque Le Mans est considéré comme la porte vers l’ouest. Le Mans, c’est aussi ces grands ensembles avec différents quartiers comme les Sablons ou les Glonnières dans le Sud, qui sont issus d’une volonté dans les années cinquante soixante. Et on constate un. J’ai constaté par moi-même parce que j’étais au salon avant que la pauvreté est plus importante que dans le reste de la ville. Et on se rend compte que, malheureusement, qu’il y a des business illégaux qui prospèrent au sein sont sans préjugé de ma part. Et du coup, la mixité sociale se retrouve par ailleurs brisée. Parce qu’il y a une différence notamment entre le centre-ville où le cœur, c’est la place de la République. Et c’est vrai que, en écrivant cette chronique, je me disais quand même, la place de la République, c’est un peu notre Châtelet Les Halles par rapport au Mans. Voilà, c’est le carrefour névralgique où tout le monde se rejoint.
Et actuellement l’agglomération est basée sur deux lignes de tramways, à savoir le T1 et le T2, avec un tronçon commun. Et de nombreux travaux se déroulent en ce moment dans la ville. Il y a y compris sur sur l’avenue Bollée où se situe la radio. Ne vous y trompez pas, il existe le T3 qui n’est pas un tramway met une chrono ligne reliant la gare Nord vers Allonnes. D’autres chrono lignes sont en développement pour permettre un transport plus rapide ou une crinoline. Se résume dans le jargon à une ligne de bus à haute à haut niveau de service.
Le Mans, c’est aussi un désert médical et paramédical. Loin des vitrines du CHM et du Pôle santé Sud, ces cliniques et de ces nombreux EHPAD dont un grand nombre se situe autour de la radio. De nombreuses personnes se retrouvent sans médecin traitant, et cela pose tout de même un souci avec pour près de 25 000 habitants, comme tu le disais dans une de tes vidéos. Pour ma part, actuellement je suis principalement concerné parce que je n’ai pas de médecin traitant.
Et ensuite, on constate que le monstre se retrouve également dans un cadre culturel qui reste assez institutionnel. En fait, il est très difficile de réaliser, de rentrer dans ce monde sans en connaître les différents acteurs.
Voilà, j’espère que j’ai dressé un portrait, on va dire assez restreint, mais ça va pouvoir permettre qu’on lance le sujet, à savoir.
La question c’est de nous expliquer aussi un peu ton parcours, pourquoi tu es arrivé à Révolution Permanente.
Benjamin : Et bien moi en fait, je suis militant depuis que je suis arrivé au lycée. En fait, je me suis politisé suite à l’arrivée au second tour de Jean-Marie Le Pen en deux mille deux, donc avec la crainte de voir potentiellement le Front national arriver au pouvoir. Donc en fait, j’ai fait partie de ces centaines de milliers de jeunes qui défilaient dans les rues au lycée. Et puis j’ai continué à me à me politiser, à m’organiser, que ce soit contre le contrat première embauche en deux mille six qui visait en fait à pouvoir licencier sans motif les jeunes de moins de vingt six ans durant une période d’essai de deux ans. Donc c’est là où je me suis organisée politiquement. }
À l’époque, c’était encore la LCR d’Olivier Besancenot et d’Alain Krivine, la Ligue communiste révolutionnaire qui est devenue ensuite le NPA, le Nouveau Parti anticapitaliste. Et puis Révolution Permanente s’est créée en 2022 que j’ai, que j’ai rejoint.
Et puis sur la ville du Mans, on a une une section de révolution permanente depuis trois, quatre années maintenant. Donc voilà, plus récemment, je suis. J’étais également dans les. Dans toutes les mobilisations, que ce soit contre le grand mouvement contre la réforme des retraites en 2023, mais également sur les mobilisations. Solidarité avec le peuple palestinien.
Voilà, je suis aussi militant syndical à côté sur mon lieu de travail. Donc pour pour, pour dire en un mot. Mais moi je suis profondément révolté par les injustices qu’on peut constater dans dans le monde actuel. Et je pense que ces injustices, c’est pas une fatalité, c’est le produit d’un système économique, le capitalisme, qui fait que quelques personnes détiennent. En fait, les entreprises détiennent les moyens de production et exploitent la majorité de la population qui galère.
Et d’ailleurs, comme tu le disais sur Le Mans, on voit bien que les conditions de vie se dégradent et qu’il est de plus en plus difficile de se loger, de se soigner, de finir les fins de mois. Donc c’est contre cette société là qu’on se qu’on lutte pour essayer de donner une autre société basée sur les travailleurs et travailleuses.
Pierrot : Et justement, quelles sont les mesures phares de ton programme au sein de votre travail ?
Benjamin Eh bien, il y en a de différents ordres. Mais pour en citer quelques unes, comme le dit le titre de notre liste reprendre le main aux politiciens professionnels. Nous, on pense en fait que faire de la politique, ça ne devrait pas être réservé seulement à des gens qui en font leur carrière et qui sont déconnectés des réalités du terrain. Donc nous, on porte des revendications telles que le fait que les élus soient révocables, c’est à dire que tu n’as pas besoin d’attendre six ans les prochaines élections pour pouvoir les révoquer s’ils trahissent leurs promesses, mais que ces élus soient contrôlés par la population à la base, par des comités de quartier, des assemblées générales qui puissent débattre et discuter de politique et puis, si besoin, les révoquer, que les élus soient payés au salaire d’une infirmière ou d’un enseignant pour qu’ils n’aient aucun privilège, en fait, sur le reste de la population, sur ces mesures là, démocratiques, on porte aussi la question du droit de vote dès seize ans, puisque à seize ans, en fait, les jeunes peuvent travailler, peuvent aller en prison, mais n’ont pas le droit de décider sur les choses qui vont les concerner politiquement, sur pouvoir décider tout simplement de ce qui est possible de faire sur la ville ou dans le pays. On est également pour le droit de vote des résidents étrangers.
Là aussi, ça nous paraît une injustice profonde de voir que des gens qui travaillent ici, qui vivent ici, qui payent des impôts ici, ne puissent pas décider. C’est d’ailleurs encore plus paradoxal aux élections municipales, puisque les personnes de l’Union européenne peuvent voter, mais pas les autres. Donc, nous, on trouve ça profondément discriminatoire, en vérité. Et on porte aussi des mesures sur pouvoir se soigner autrement, notamment pour des investissements massifs dans les services publics.
A contrario de ce qu’a fait le Parti socialiste qui ont voté 3,6 Mds de coupes budgétaires dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour deux mille vingt six. Donc, ce qui va encore dégrader l’état du système de santé. Et c’est vrai qu’on en est. On est particulièrement touché par ça. Donc, nous, on pense qu’il faut au contraire investir dans les services publics.
Et puisqu’il y a une certaine urgence sociale pour se soigner, on pense qu’on devrait réquisitionner les établissements privés qui sont en fait des profits sur la pénurie d’accès aux soins de santé. On pense qu’il faudrait réquisitionner, les mettre sous contrôle des soignants et des habitants et des usagers. Donc, ça, c’est des quelques mesures sur la santé.
On pense également qu’il faudrait, en partant des besoins de la population, ouvrir une fac de médecine sur l’Université du Mans qui soit gratuite et accessible à tous, sans sélection.
C’est pareil également, on a des mesures pour pouvoir se loger au Mans. Là aussi, il y a un paradoxe, c’est qu’il y a huit mille trois cent vingt huit logements vides au Mans. Alors que les le 115 le numéro pour les hébergements d’urgence est complètement saturé, que les loyers ont augmenté de vingt 25 % sur ces cinq dernières années.
Donc, là aussi, on pense qu’il faudrait remettre les choses à l’endroit. Et voilà. Donc peut être pour dire aussi pour ne pas faire une liste de courses, mais la logique de notre programme, en tout cas, nous c’est c’est un programme qui part des besoins de la population. C’est un programme qu’on présente comme un programme de lutte parce qu’on pense que ces mesures, elles ne rentrent pas complètement dans le cadre des institutions municipales, mais elles s’imposeront par l’organisation collective de la population des classes populaires, par leur lutte pour les imposer en s’organisant par en bas.
Donc, c’est aussi la logique de notre programme qui diffère de la plupart des listes qui font des programmes dans le cadre de ce que peut mettre en place le conseil municipal. Et nous, on pointe cette contradiction puisque aujourd’hui la vérité, c’est que le budget des collectivités territoriales laisse peu de marge de manœuvre, en vérité.
Donc nous, on pense que nécessairement, comme tout ce qu’on a réussi à acquérir comme acquis sociaux dans l’histoire pour les travailleurs et travailleuses, ça, ça s’imposera par des mobilisations populaires, par des luttes importantes, par par l’auto-organisation de ceux d’en bas. J
Pierrot : ustement, tu parlais de créer une fac de médecine. Quel est ton avis sur la fermeture de la Croix-Rouge au niveau de l’IFSI ?
Benjamin : Non mais tu as tout à fait raison, c’est complètement aberrant. En fait, d’un côté on a un problème, comme tu le disais bien dans ton introduction, d’un problème de désertification médicale, de tension pour trouver des soignants et des soignantes. Et là, le choix de Christelle Morançais, la présidente de région des Pays de la Loire, celle qui avait 82 millions d’euros de coupes budgétaires en 2024 qui a sabré fortement les associations, la culture, l’insertion professionnelle vient d’annoncer en effet la semaine dernière la fin des financements pour l’école d’infirmière de la Croix-Rouge.
Donc, évidemment, nous, on dénonce fermement cette. Cette nouvelle coupe budgétaire de la région Pays de la Loire. Nous, on est pour le maintien de ces formations qui sont par ailleurs essentielles et on pense en vérité qu’il faudrait en développer davantage, d’autant plus qu’on n’a pas vraiment de problème de vocations sur ces métiers. On a plein de jeunes qui veulent faire ce ce beau métier en vérité, qui est de prendre soin des autres, mais ils sont sous-payés. Il faut dire aussi que, en stage, une étudiante infirmière, c’est si on ramène à l’heure. En fait, ce qu’elle perçoit pour ses études, c’est près de un euro de l’heure en vérité.
Donc c’est déjà des conditions extrêmement difficiles. Et là, en fait, on enlève une formation pour les étudiants, ce qui va poser d’ailleurs la question de quoi faire pour terminer leur formation pour eux.
Donc, évidemment, on condamne, on sera d’ailleurs à leur côté demain matin puisqu’ils manifestent demain matin. Je crois que c’est à 08h30. Il faudrait vérifier l’information, mais en tous cas, demain matin, ils manifestent, donc on sera à leurs côtés. Ils ont fait une pétition aussi qui tourne en ligne pour le maintien de leur formation. Donc nous, Révolution permanente, on est à leur côté.
On fera un article aussi dans notre journal en ligne pour pour dénoncer ça.
Pierrot : Et oui, tu parlais notamment du paiement assez assez misérable au niveau des étudiants en soins infirmiers. Et je rajoute que les élèves aides-soignants n’ont pas du tout de salaire, donc ils font à peu près six mois de stage sur leur cursus et ils sont payés zéro euros. Donc ça aussi c’est assez. C’est assez énervant on va dire, et il faut. Il faudrait quand même souligner qu’une grande partie des élèves aides-soignants se se font souvent dans des conditions encore plus dégradées que celles des élèves en soins infirmiers.
Benjamin : Je peux plus le cacher. Oui, complètement. Complètement.
Pierrot : Et c’est vrai que tu parlais de la pétition au niveau de la fermeture de la fondation de la Croix-Rouge. Je crois qu’elle est arrivée à 4500 signatures. Et ça, et c’est dans l’idée aussi de ce que j’avais lu dans les articles de presse régionale, de créer un pôle santé sur l’université pour regrouper toutes les formations et ce qui est assez dégueulasse en fait, c’est que, en réalité, il était prévu quand même que la Croix-Rouge soit présente dans ce pôle de santé et dans l’idée de la présidente de région des Pays de Loire a été de fermer en fait une formation, alors qu’il y a tellement besoin de paramédical et médical, comme je le disais dans ton programme pour ouvrir une faculté de médecine au niveau de l’université et est ce que tu aurais d’autres éléments.
Tu parlais des injustices et et et sur la Palestine, est ce qu’il y a quelque chose, notamment au niveau de révolution permanente sur le sujet ?
Benjamin : Oui complètement. Bah en fait c’est vrai que nous, notre logique ce n’est pas de se cantonner, comme je le disais un petit peu tout à l’heure, mais c’est pas de se cantonner simplement à des revendications locales, parce que fondamentalement, on pense que pour changer les choses, il y a tout un tas de mesures nationales et même la situation internationale qui est un lien, en fait, sur ce qui se passe au Mans et sur la vie des Manceaux et Mancelle.
Déjà nous. Premier élément, c’est que on pense que Le Mans est une ville profondément dans sa composition, en tout cas internationaliste. Et on pense en fait que le monde devrait afficher sa solidarité internationale, en particulier avec les peuples opprimés. Et nous, on a fait partie du mouvement de solidarité avec la Palestine. On a d’ailleurs deux colistier et colistière, Nadine et Nasser Yassine, qui sont sur notre liste, qui sont palestiniens, qui viennent de la ville de Tulkarem en Cisjordanie.
On a également deux colistiers qui sont kanaks, qui participent également au mouvement d’autodétermination du peuple kanak.
Donc pour nous, les questions de solidarité internationale sont profondément importantes parce que, à l’image des classes populaires sur la ville du Mans qui pâtissent en fait des politiques néolibérales et du capitalisme. En fait, ce système, le capitalisme à l’échelle internationale, provoque en fait la misère et la guerre partout dans le monde. Et on en a un triste exemple depuis quelques jours avec la guerre au Moyen-Orient menée par les États-Unis, l’État d’Israël et en vérité, leurs complices, les autres États impérialistes tels que la France d’ailleurs, qui envoie envoyer un porte-avions là, d’après les dernières allocutions d’Emmanuel Macron.
Donc nous, sur la question de la Palestine, en effet, on a trois mesures qu’on met en avant dans notre programme. La première, ce serait un jumelage de la ville du Mans avec la ville de Tulkarem, en Cisjordanie. C’est une mesure, certes symbolique, mais ça permettrait en fait d’afficher une solidarité, des échanges et des liens concrets entre les habitants du Mans et les habitants de Tulkarem, qui est une ville en fait qui subit la colonisation régulière par par l’Etat d’Israël et ses colons.
La seconde mesure, c’est la liberté inconditionnelle pour manifester pour les peuples opprimés sur Le Mans. Pourquoi cette revendication ? Parce que, en fait, vous le savez peut être si vous passez régulièrement en centre ville. Mais en fait, depuis octobre 2023, depuis le début du génocide à Gaza, tous les samedis après midi, il y a une manifestation en solidarité avec la Palestine à la République à partir de 14h00.
Donc voilà, on vous invite à la rejoindre. D’ailleurs elle continue toujours actuellement depuis plus de deux ans maintenant et en fait depuis plusieurs mois, la préfecture restreint en fait ce droit de manifester en refusant le parcours déposé, en le déviant, en interdisant les mégaphones, en convoquant à la préfecture pour intimider les animateurs de ces manifestations. Et jamais, en fait, les participants à ces manifestations ont eu le soutien de la mairie. JAMAIS. Ils ont assez peu de soutien, si ce n’est les militants qui participent à cette cause.
Donc nous, on pense qu’en fait, pouvoir manifester est un droit élémentaire et fondamental qui devrait être garanti sur la ville lorsqu’on manifeste pour les pour les peuples opprimés. Par ailleurs, il faut voir que c’est. Ça s’inscrit dans un tournant quand même assez autoritaire sur. Sur la ville.
Et enfin, la troisième revendication, c’est qu’on porte sur cette question, c’est l’engagement que la ville du Mans, sa municipalité, ne participera à aucun accord convention avec des entreprises qui collaborent avec l’Etat d’Israël et donc qui collaborerait avec avec le génocide en cours à Gaza. Voilà, c’est un peu dans la stratégie de BDS : boycott, désinvestissement, sanctions pour faire pression sur l’État d’Israël, à l’image de la campagne de boycott qui avait été faite il y a plusieurs dizaines d’années sur l’Afrique du Sud, à l’époque de l’apartheid.
Voilà une stratégie qui a fonctionné à l’époque. Donc l’idée, c’est de rompre tous les liens qui pourraient y avoir entre la ville du Mans et les entreprises qui collaborent avec l’Etat d’Israël. Donc, ce sont les trois revendications qu’on porte pour la Palestine sur Le Mans.
Pierrot : Et tu parlais justement de la préfecture. Tu as été convoqué récemment au niveau d’un commissariat de police qui a fait la une de la presse locale. Et est ce que tu peux nous en dire plus ? En fait de ton combat contre le fascisme ?
Benjamin : Oui alors en effet, peut être pour rappeler un peu les faits, on est cinq personnes dont les deux têtes de liste de révolution permanente Tiphaine Ginestet et moi même avons reçu une convocation fin janvier pour une audition libre au commissariat du Mans. Le motif était de participation à manifestation interdite, donc on n’avait pas plus d’éléments par rapport à ça.
Et en effet, on s’est présenté au commissariat le 17 février. On a organisé un grand rassemblement de soutien et de solidarité pour dire une chose assez simple qui est que le droit de manifester est une liberté fondamentale et que, en fait, on veut pouvoir manifester sans être inquiété. Et il s’avère, lors de l’audition avec la police, que la manifestation en question était celle du 13 décembre, qui était une manifestation contre l’extrême droite. En effet, qui a qui a suivi le village pour les droits et libertés qui était un village pour dénoncer et expliquer les idées de l’extrême droite et leur leur programme et le danger, en fait, pour la population et pour les classes populaires. Donc un village qui était composé d’organisations syndicales, associatives, politiques.
Et suite à ce village, en fait, nous sommes une centaine de personnes à avoir défilé pour dénoncer la, entre guillemets, la commémoration du souvenir vendéen. En fait, c’est la manifestation annuelle de groupes néofascistes, royalistes qui, sous prétexte de sous couvert de commémorer le génocide vendéen en fait, profitent de cela pour diffuser leurs idées nauséabondes. Il faut savoir que la préfecture autorise leur défilé, mais c’est le deux poids, deux mesures avaient interdit, d’autres d’autres manifestations.
Donc nous, on pense qu’on dénonce déjà ce deux poids, deux mesures. On pense que les idées de l’extrême droite, elles progressent sur Le Mans et plus largement sur la Sarthe. En tous cas, il y a une volonté affichée du Rassemblement national de faire de la Sarthe sa porte d’entrée dans le Grand Ouest, puisqu’ils ont des retards au niveau électoral dans le dans le Grand Ouest.
Donc, ils ont notamment, on le sait depuis 2024, mis la candidature de Marie-Caroline Le Pen aux législatives. Jordan Bardella est venu à deux reprises dans le département pour dédicacer son livre, et on voit que cette montée de l’extrême droite, elle s’accompagne également de d’attaques en fait, envers notre camp social. Je pense notamment au fait que les locaux d’Homogène, Association LGBTI de la Sarthe, ont été dégradés à trois reprises ces derniers mois. Donc j’en profite pour leur apporter toute notre solidarité, tout notre soutien. On a fait un communiqué comme comme de nombreuses autres organisations pour les pour les soutenir.
Et donc voilà, la montée de l’extrême droite, c’est ça. C’est la violence, c’est les idées réactionnaires et c’est en vérité un programme qui va s’appliquer, en tous cas qui est raciste et sécuritaire, mais qui est aussi un programme qui va dégrader plus les conditions des travailleurs et travailleuses, puisque le Rassemblement national est en fait un parti qui défend les plus riches et défend des mesures d’austérité, comme en témoignent les positions de madame de Vigneral, par exemple, qui est la candidate du RN aux municipales, qui est aussi conseillère régionale des Pays de la Loire et qui applaudissaient des deux mains les coupes budgétaires de Christelle Morançais.
Donc c’est aussi l’austérité que promet que promet ce ce parti, quoi.
Pierrot : Et et c’est vrai que, on l’a vu, on l’a vu, on l’a vu à chaque fois, lorsque l’extrême droite manifeste, beaucoup de mouvements sont quasiment tout le temps des dégradés sur la devanture et ces derniers temps, en fait, on a eu quand même une saturation de l’espace médiatique, notamment au travers des événements qui se sont déroulées dans la ville de Lyon.
Et il y a eu une une manifestation de l’extrême droite au niveau de la préfecture. Et c’était ce jour là où les locaux d’homogène ont été dégradés. Et c’est vrai que ça a fait réfléchir quand même sur la volonté réelle derrière, puisque comme tu le disais, le programme de l’extrême droite, c’est un programme de droite, donc c’est un programme ultralibéral. Et derrière il y a la volonté de s’attaquer sur toutes les minorités.
Benjamin : Mais c’est très intéressant ce que tu dis parce que, en fait, le contexte actuel, c’est ça, c’est à dire que L’instrumentalisation de ce qui s’est passé à Lyon. Le fait que, y compris l’ensemble des partis de mainstream, entre guillemets, du centre gauche à la droite, ont pris ou ont profité de ces événements pour accroître un tournant autoritaire, pour instrumentaliser ça, notamment pour commencer à parler d’interdire des réunions politiques sur les universités. On voit qu’on va avoir une offensive autoritaire et sécuritaire encore davantage.
Et ça, en fait, comme tu le dis, ça donne confiance à l’extrême droite et ça fait qu’on subit notre camp social encore plus d’agressions et de violences comme, comme comme les dégradations sur les locaux homogènes qui ont eu lieu.
Donc, on a besoin, à mon avis, de faire bloc avec l’ensemble du camp progressiste, en fait de la ville, pour défendre des libertés démocratiques élémentaires, pour défendre nos droits, pour dénoncer et démasquer le programme de l’extrême droite, on va avoir besoin de se serrer les coudes face à ça.
Moi, je voudrais aussi profiter de ce petit temps pour pour aussi être solidaire vis à vis de la France insoumise. On a un certain nombre de divergences qu’on exprime stratégique dans des divergences stratégiques qu’on exprime dans dans le cadre des municipales, mais en tout cas, on est complètement solidaires avec eux sur l’offensive en accusation d’antisémitisme, sur le fait que leurs locaux ont été dégradés dans un certain nombre de villes, y compris des locaux syndicaux comme ceux de Solidaires à Lyon. Voilà.
Donc on leur apporte notre soutien et on sera ensemble pour, pour, pour défendre, pour défendre ces libertés comme eux ont pu être là également pour, euh, pour nous lors du rassemblement au commissariat le 17 février.
Pierrot : Je te propose de faire une légère coupure. On va s’égoutter le morceau de Parov Stelar the Sun et on revient tout de suite après.
Pierrot : Nous sommes de retour sur Radio Le Progrès, qui est une web radio progressiste. Et le slogan de la radio, c’est la voix rebelle. Donc ça permet de dire tout ce que ça veut dire et et c’est vrai, tu parlais tout à l’heure de de la question de remettre l’idée du combat progressiste au cœur, au cœur pas du village, mais cœur des différentes propositions et des différentes argumentations ? Donc on a parlé de pas mal de sujets et Et qu’est ce qui te viendrait d’autre dans le ton de développer plus longuement. Parce que sur Radio Progrès, on fait des grands entretiens d’une heure et je trouve que c’est intéressant parce que ça permet justement de développer l’idée et et pas d’être fixé par un tempo.
Benjamin :Et ben je sais pas pour vous dire, à rajouter peut-être un petit mot sur sur les élections municipales, raconter un peu notre notre campagne. C’est vrai que nous, c’est la première fois qu’on se présente aux élections sur sur Le Mans et on a été. Enfin, ça nous a permis en fait de nous adresser à tout un tas de personnes, je pense. Voilà, vous imaginez une campagne, les diffusions de tracts sur les marchés, les collages, mais on fait aussi beaucoup de porte à porte, ce qui permet notamment d’aller s’adresser aux classes populaires de différents quartiers. On a fait beaucoup de logements sociaux dans les différents quartiers du Mans. Et franchement, c’est vrai que c’est. C’est là où on se rend compte des conditions de vie de la population aussi qui sont horribles.
Il faut savoir que des logements sociaux, que ce soit au Sablon, aux Glonnières, rue Paul Guignol, sont dans des états en fait d’insalubrité vraiment hyper importante.
Enfin, on a pu voir l’humidité, les moisissures, on peut voir les problèmes d’ascenseur régulièrement en panne, les problématiques de nuisibles tels que les cafards et et avec aucune réponse en fait, qui est qui est apportée par par les bailleurs. C’est aussi quelque chose qui touche au porte monnaie forcément, puisque en fait, quand les bâtiments sont mal rénovés, mal isolés, et bien c’est des surcoûts de chauffage. Donc en fait tu payes la double peine quoi. Non seulement tu es dans un logement insalubre, et puis en plus tu as des coûts, des factures énergétiques qui qui flambent.
Donc c’est vrai que ça nous a permis de de voir ça avec les habitants et de discuter pour ne pas en rester juste au constat, mais de discuter comment on peut s’organiser collectivement pour là aussi imposer un rapport de force vis à vis des bailleurs, pour, pour pour changer ça, pour exiger un plan de rénovation du bâti social sous contrôle des habitant.
Donc, la campagne, elle nous a permis de voir ça. On a fait une réunion publique sur le logement, sur cette thématique là, on en a fait une sur la santé. Alors là c’est vrai, tu le disais toi même, tu n’as pas de médecin traitant comme des milliers d’habitants du Mans et de l’agglomération. Donc ça c’est vraiment une problématique qui ressort. Donc on a pu organiser une réunion sur ce thème en aussi en cherchant à construire des réponses et des perspectives avec aussi bien les usagers que les soignants et soignantes sont bons, moi le premier.
Je travaille dans un dans un établissement privé de la santé sur Le Mans, donc ça permet de voir aussi cette cette réalité là. On a fait une réunion publique aussi sur la question de la. De la jeunesse et de la petite enfance. Là aussi, on voit que. On a une jeunesse qui est particulièrement inquiète et où les problématiques de santé mentale, en fait, flambent. C’est documenté. D’ailleurs, on le voit, que ce soit les tentatives de suicide chez les adolescents, les phénomènes d’anxiété et d’angoisse qui augmentent.
Mais, mais ça, c’est évidemment lié à tout un contexte, que ce soit l’anxiété liée au changement climatique et à la dimension écologique aussi, à la question de la guerre, comme on le voit tristement là ces derniers jours, et aussi le fait de la pression scolaire, du fait finalement de ne pas avoir d’avenir dans cette société.
En tout cas, si on ne lutte pas, si on ne cherche pas à changer les choses. C’est vrai que l’avenir est sombre pour la jeunesse et on a fait un grand meeting aussi le dimanche 22 février, ce qui a permis à notre porte-parole national Anasse Kazib, d’être présent. On a réuni plus de deux cents personnes à la salle Barbara.
Donc. D’ailleurs, si vous voulez revoir le meeting, il est accessible sur YouTube sur notre chaîne Révolution permanente. Vous pourrez le retrouver si vous l’avez manqué.
Donc voilà, c’était c’était c’était un meeting qui était à la fois émouvant, avec des témoignages vraiment touchants et aussi avec beaucoup de combativité, avec beaucoup d’habitants qui étaient présents. Donc c’était un peu le point d’orgue pour nous de cette campagne. Et là, je profite aussi pour annoncer notre dernier rendez vous de campagne, le mardi 10 mars à vingt heures au cinéma Le Royal. On va faire la projection d’un documentaire qu’on a que des camarades de révolution permanente qui sont travailleuses du droit ont tourné à Mayotte.
Donc c’est un documentaire qui s’appelle Mayotte, île sous domination, et qui montre en fait, après le passage du cyclone Chido, si vous vous rappelez ce cyclone, il y a il y a une année qui avait complètement dévasté l’île, qui permet de montrer aussi, au delà des conséquences du cyclone, comment en fait la dévastation de l’île et le produit en fait d’une gestion coloniale de l’État français à Mayotte, qui cherche en fait à faire la chasse aux immigrés comoriens qui montrent en fait ce documentaire, comment Mayotte est un laboratoire aussi d’une politique discriminatoire envers les populations migrantes.
Il faut savoir notamment que le droit du sol est remis en question là-bas, qu’il y a un certain nombre d’offensives avec l’opération Wuambushu, des opérations place nette. Donc vraiment, si vous avez l’occasion de venir, c’est à prix libre. Donc voilà, c’est l’occasion de voir le documentaire gratuitement ou en donnant en tous cas ce que vous pouvez donner.
Puis un débat qui s’ensuivra. Après il y aura un militant comorien d’ailleurs qui sera présent, Mohamed Raban, qui est présent dans le film. Il y aura les réalisatrices aussi qui seront présentes. Donc n’hésitez pas à profiter de cette soirée pour venir avec nous le dix mars.
Pierrot : Et oui, je Tu parlais au début de ton intervention de la santé publique et notamment quelles sont tes propositions plus largement à l’opposé ?
Oui en effet, quand. Quand on parle. Enfin déjà le constat, il est que la santé mentale, elle est. Elle est complètement détruite quoi. Chaotique sur euh sur la ville. Les problématiques de l’EPSM font régulièrement la une des journaux. Fermetures de lits, manque de médecins et en fait c’est des personnes en souffrance qui augmente.
En plus, comme je le disais, que ce soit dans la jeunesse, mais y compris dans dans le reste de la population. En Sarthe, avec des moyens d’accueil, avec un accès aux soins qui est de plus en plus dégradé. Donc, nous, pour ça, on. Ce qu’on dit, c’est qu’il faudrait, je le disais tout à l’heure, mais déjà des investissements massifs dans les services publics, y compris dans les services publics de santé mentale.
Mais même au delà de ça, nous, ce qu’on propose, c’est un centre de santé par quartier qui soit construit avec des accès aux soins qui soient gratuits et sans condition de nationalité pour qu’en fait, au plus près, y compris de la population, on puisse avoir un accès à un psychologue, un infirmier, un médecin pour pouvoir en fait être accompagné. Je parlais des psychologues. Il faut savoir que là aussi, c’est extrêmement compliqué d’avoir un rendez vous les pansements sur une jambe de bois que ca été le « Mon parcours psy ». Je ne sais pas si vous avez déjà été voir mon parcours, mais c’est extrêmement difficile de trouver un psychologue qui est conventionné.
Moi j’ai des témoignages de gens autour de moi qui me disent qu’il y en a en campagne, mais quand on n’est pas véhiculé. En fait, on doit prendre la STAO pour y aller. Enfin voilà. Et puis il y a des listes d’attente extrêmement importantes.
Donc là aussi il faut tout changer et mettre des moyens en fait pour pour la santé mentale.
Et oui, tu parlais de la santé mentale et justement je lisais l’autre jour un livre de Thomas Porcher et il expliquait que sous le quinquennat de Hollande et le premier quinquennat de Macron, c’est environ trente à quarante milliards d’euros qui ont été retirés aux différentes collectivités, notamment la Ville. Et il expliquait que les services publics se sont tellement dégradés que ça allait dans une stratégie ultra-libérale, et notamment en orientant la logique pour dégrader toujours plus afin que les gens réclament des services privés.
Et c’est vrai que l’HP ou l’EPSM au niveau de l’agglomération ont une très mauvaise réputation en fait, et cela permet justement à des cliniques privées de prendre le dessus pour faire du profit sur notre santé en fait.
Benjamin : c’est oui, c’est exactement ça, c’est exactement ça. C’est la logique qui se met en place, qui finit, comme tu l’as dit, qui est, qui est un tournant, un tournant ultralibéral où on va de plus en plus vers un système à l’américaine quoi. On va avoir un service public extrêmement minimum Et à côté des établissements privés en fait, qui qui font leur business plan en fait, sur cette sur cette pénurie, peut être pour pas rester que sur le constat.
Nous, on pense que cette situation là, c’est pas une fatalité, que, en s’organisant collectivement avec les soignants et soignantes parce que leurs conditions de travail sont dégradées et leur sens au travail, en fait, quand on ne peut pas bien accompagner les patients, quand on ne peut pas bien accompagner les résidents, ça, ça dégrade leur santé mentale, y compris à elles et eux aussi, les travailleurs et les travailleuses de la santé.
Et d’ailleurs on voit beaucoup de ces professionnels qui quittent en fait rapidement la profession parce que ils perdent complètement ce sens au travail, les conditions de travail sont dégradées, donc, y compris nous, de ce point de vue là, on pense qu’il faudrait déjà commencer par la réduction du temps de travail, c’est à dire de pouvoir partager le travail entre toutes et tous et de pouvoir améliorer les conditions et et comment.
Et on pense que ces luttes des soignants, elle doit s’articuler avec les luttes des usagers pour un meilleur accès aux soins, pour changer les choses. Et on pense qu’en vérité on a les forces pour le faire, c’est à dire qu’on est quand même les travailleurs, les travailleuses, les sans emploi, les retraités. On représente plus de 90% de la population.
Donc en vérité, c’est nous qui faisons tourner cette société. Quand ma directrice, elle était absente, la clinique, elle continuait de tourner. Quand le patron de Renault, Carlos Ghosn, il était ennuyé par des ennuis judiciaires au Japon, les usines Renault, elles, continuaient à tourner.
Donc, en vérité, on n’a pas besoin des patrons ou des dirigeants technocrates des établissements. Ce qu’on a besoin, en fait, ce sont des gens du terrain, les ASH, les infirmières, les aides soignants, les ouvriers, parce que c’est eux qui font tourner la machine.
Et il est temps justement qu’on organise les choses pour nous même, qu’on décide comment on les organise parce qu’on est les mieux placés pour le faire, qu’on discute de ça, qu’on s’organise par en bas, parce que c’est nous qui sommes cette force sociale en fait, qui peut changer, changer les choses en notre faveur.
Pierrot : Et oui, tu tu parlais justement des des des logiques technocratiques et ce serait peut être intéressant aussi de voir si on pourrait revenir sur la T2A parce que on parle, on parle beaucoup du problème du paramédical, mais on ne parle pas de l’origine en réalité, du plus grand fiasco, on va dire, en termes d’accès aux soins et de prestations. Et quelle est la Revendications sur la T2A au niveau de révolution permanente ?
Benjamin Peut être pour expliquer, parce que ça peut faire un peu jargon pour celles et ceux qui ne connaissent pas. En fait, la T2A c’est la tarification à l’activité et comme tu l’as bien dit, en fait, ça marque un certain tournant dans l’organisation du système de santé en France. En fait, la T2A, elle va se mettre en place au début des années 2000. Et en vérité, ce que ça change, c’est que le financement des établissements de santé, qu’ils soient publics ou privés, va être par un système de cotation et ça va entraîner un effet pervers qui va être que certains actes vont être mieux cotés que d’autres. Et surtout ça engendre une course à l’activité pour pour pouvoir financer les établissements.
C’est à dire qu’on ne parle plus de combien un établissement doit avoir pour fonctionner en fonction de ses besoins, mais en fait, les établissements vont chercher à produire un maximum d’activité, y compris avec certains soins plutôt que d’autres qui rapportent plus pour. Pour. Pour développer leur établissement ou pour organiser leur établissement.
Et en effet, ça a été un changement profond puisque quand on prend plus comme boussole le besoin de la population, en fait on rentre dans une logique marchande, dans une logique de course à l’activité.
Donc ça conjugué avec ce qu’ils appellent les DMS, les durées moyennes de séjour, c’est à dire plus un patient reste longtemps dans un établissement, moins entre guillemets, il rapporte. Les deux conjugués de la T2A plus les DMS. En fait, ça a fait une logique où on cherche à faire une course à l’acte et très vite en fait, le patient doit doit sortir. Sauf qu’il y a des problématiques qui sont plus compliquées. Il y a des sorties quand elles sont trop rapides, et ben en fait ça entraîne des réhospitalisations.
Dans le même temps, on a fermé un certain nombre de lits et tout ça, en fait, explique la situation à laquelle on arrive aujourd’hui, qui est une situation complètement dégradée. Il faut dire aussi que les différentes les différents partis politiques ont accompagné ces réformes, que ce soit la droite évidemment, mais aussi le Parti socialiste qui lui aussi a fermé des lits lorsqu’il était au pouvoir, notamment sous Hollande.
Donc en effet, nous on s’oppose, on s’oppose radicalement à toutes ces réformes et en fait, on pense qu’en fait la logique qu’il faudrait, c’est partir des besoins de la population. Rouvrir des lits et arrêter avec toutes ces logiques marchandes et comptables. En fait, surtout sur ce qui est le plus cher pour pour toutes et tous, qui est notre santé, la santé de notre famille, nos parents donc.
Donc c’est vraiment révoltant en fait de voir, de voir comment la froideur d’un système comptable, managérial décide en fait de nos vies.
Pierrot : Et c’est vrai que dans un autre dans une autre idée, la question du loi sur la fin de vie. Alors totalement en dehors des élections municipales, mais je pense que ce serait intéressant de la mettre en regard du miroir par rapport justement à ce qu’on me parlait, à ce que tu expliquais au niveau de la T2A et la durée moyenne de séjour. C’est à dire que d’un côté on précarise les soins et de l’autre côté on a on accélère tout ce qui est fin de vie et on pourrait parler d’une certaine manière de l’euthanasie.
Benjamin : Oui, bah alors gros gros sujet également la loi sur la fin de vie. Mais notre position avec Révolution permanente notamment, on a publié une tribune à l’ouverture des débats, je crois que c’était en février 2025. On a publié une tribune de notre site de militante anti anti-validiste, une militante anti-validiste et et avocate qui justement, qui est la position qu’on rejoint, qui justement pointait en fait les risques de la loi sur la fin de vie. C’est à dire que comme tu comme tu le dis, dans une société où en fait, on met de moins en moins de moyens pour, pour la santé, de permettre un accès à la fin de vie, alors que les moyens pour accompagner, en fait, les souffrances, qu’elles soient psychiques ou somatiques, sont de plus en plus dégradées.
Le risque, en fait, c’est que de laisser comme seul choix aux gens pour enfin, pour abréger leurs souffrances de la mort, parce que aussi on n’a pas ouvert d’autres, enfin on a, on a, on n’a pas développé, en fait, l’accès aux soins, l’accès à pouvoir soulager les douleurs, à pouvoir à pouvoir avoir un accompagnement.
Donc, en fait, c’est très inquiétant. Je ne suis pas un spécialiste de la question, mais je crois savoir qu’il y a le modèle canadien qui justement a montré les dérives que peut avoir ce ce type de lois qui peuvent se présenter au premier abord comme voilà, comme une garantie de liberté.
Sauf qu’en fait, ces libertés là, on ne peut pas les analyser, les voir sans comprendre en fait dans quel système global il s’inscrit et qu’au final, la liberté de choix dans un système où, comme on l’a on l’a dit, comme dans un système où l’accès aux soins, l’accès aux professionnels de santé est de plus en plus dégradé. Oui, en effet, comme tu le dis, c’est inquiétant et ça peut donner une société dystopique où finalement le seul, le seul horizon qu’on aurait lorsqu’on on a, lorsqu’on est moins bien ou lorsqu’on a des, on traverse des difficultés qui serait de pouvoir accéder à à en finir plutôt qu’avoir accès aux ressources humaines ou de soins nécessaires pour pouvoir les surmonter.
Pierrot : Et je propose qu’après ce long développement, on fasse une dernière interlude. On terminera tranquillement l’émission.
Pierrot : La et reste à peu près cinq minutes, donc ça laisse le temps aux derniers développements auxquels tu voudrais quel sujet tu voudrais développer ? En guise de fermeture de l’émission Grand Angle
Benjamin : J’ai pas forcément d’idée là. Peut être que. Bon voilà pour pour dire peut être un petit mot ici, on n’en a pas parlé sur l’aspect municipal, mais parfois les gens nous nous demandent un petit peu à quoi ça servirait en fait d’envoyer des élus révolutionnaires à la mairie.
Nous, on pense qu’en vérité, ce serait utile pour Notamment, la formule qu’on dit souvent, c’est qu’on serait les yeux et les oreilles des classes populaires dans le dans le conseil municipal. Alors, c’est vrai qu’il y a beaucoup de gens, et plutôt à raison, qui sont dégoûtés du système politique actuel.
Nous, on pense qu’avoir des élus révolutionnaires dans le Conseil, ça permettrait justement d’accéder aux dossiers qui se traitent au conseil municipal, aux mauvais coups qui se préparent parce que, en fait, notre programme est anticapitaliste. Mais je veux dire, de l’argent, il y en a. Sur le moment, on voit que le maire peut trouver plusieurs dizaines de millions d’euros pour rénover le Palais des congrès, alors qu’à côté de ça, je décrivais tout à l’heure la situation des logements sociaux.
Donc, on pense que l’argent, il existe. Et avoir des élus révolutionnaires à la mairie, ça pourrait. Ça pourrait permettre d’être une courroie de transmission pour être un point d’appui dans les luttes sur la ville, que ce soit pour le logement, pour les écoles. On n’a pas parlé des écoles, mais il y a aussi une problématique de rénovation importante qui a été illustrée, notamment dans l’actualité locale, avec la mobilisation de l’école Les Sablonnières au Sablon qui n’avait pas de chauffage et où les parents d’élèves, les enseignants, les enfants sont invités à la mairie. Et ben ça a marché puisque vingt quatre heures après, le chauffage a été rétabli.
Donc nous, ce qu’on veut, c’est avoir des élus qui permettrait d’être cette courroie de transmission, de pouvoir transmettre les informations aux habitants et pour pouvoir organiser les luttes à venir pour qu’elles soient victorieuses. Donc voilà, le quinze mars, le vote utile pour nous, c’est de mettre des gens qui sont comme vous dans le conseil municipal, qui vivent les mêmes galères que vous, qui ont du mal à finir les fins de mois comme vous, qui sont confrontés à la même réalité. Et ça, ça permettra en fait de pouvoir préparer les batailles futures sur la ville et de pouvoir s’organiser au mieux pour pour défendre notre notre camp social.
Pierrot : Et je vous remercie d’être venu à la radio de Radio Progrès. C’est une radio en flux continu qui est basée sur Le Mans.
Benjamin : Voilà. Et ben merci beaucoup à toi Pierre. Merci à la radio Progrès.
Pierrot : Au revoir. Je vous souhaite une agréable journée et je vous dis à la prochaine.