Au moment où nous écrivons cet article, la presse dominante se lâche entièrement vis-à-vis de toutes les mesures progressistes et de la gauche en général, quel que soit le courant. En effet, la recherche d’un responsable idéal à tous les maux du pays semble avoir été trouvé par les représentants de l’ordre bourgeois. Or, nous assistons à une bascule vers le néofascisme d’une façon assez brutale. La dystopie d’une société violente et gouverner par la violence parait être une radicalisation progressive des classes moyennes en faveur du vote nationaliste qui s’avère être le moindre mal à leurs yeux.

Le fascisme ne naît jamais de nulle part, il est le résultat de l’alliance entre les classes moyennes par crainte du déclassement et du patronat qui les déclasse. Le nationalisme n’a jamais permis reconstruire un pays. Au contraire, ils morcellent les fondements d’un État et se serrent des différentes divisions pour scinder un peuple. Sur fond de populisme, il tend à défendre le peuple sous condition contre un ennemi de l’intérieur. Ainsi, la purification de ce dernier intervient dans la recherche de bouc-émissaire pour tenter de résoudre des problèmes complexes par des rhétoriques hasardeuses et non vérifiables à travers les sciences sociales.

La France se situe au bord d’un basculement idéologique via un plafond de verre qui ne cesse de craquer voir se morcelle. Nous sommes au début d’une tragédie politique sans fond. En effet, la possibilité que le Rassemblement National gagne des élections en 2027 est présentée comme une évidence, mais les urnes peuvent largement déjouer ce pronostic. La petite musique peut s’arrêter, mais pour cela, le mot « résistance » doit s’accorder avec le présent.

Les courants d’extrême-droite dans leur diversité ont une grande sympathie de l’opinion, alimentés par des polémiques stériles visant à jeter en pâture tout ce qui contrevient à leur projet sociétal. Le Rassemblement National a réussi une forme de prise des consciences à travers un glissement vers l’extrême-droite de l’échiquier politique. En effet, Marine Le Pen s’est débarrassée de l’image du Front National qui lui collait à la peau via un changement de nom du parti, mais pas des idées. La bienveillance des médias d’opinion contrôlée par des milliardaires permet de voir que ses intérêts ne sont pas celles des classes populaires, mais une minorité de la population sous couvert d’adhésion à un « pacte racial ».

Depuis 2012, une rhétorique s’est également installé contre l’impôt via une approche clairement poujadiste qui reflète entièrement la pensée de l’extrême-droite. D’ailleurs, Jean-Marie Le Pen est passé par le parti de Pierre Poujade. La baisse des impôts, des taxes, des cotisations sociales s’avèrent le seul moyen pour l’extrême-droite pour augmenter le pouvoir d’achat, mais au risque de voir une suppression progressive du service public au profit du privé. L’extrême-droite se retrouve dans la droite et par ailleurs un mouvement patronal. Son programme se révèle en adéquation avec l’idéal des corporations patronales. Dans la volonté, il existe une volonté de s’allier avec les courants libertariens comme en Argentine où Javier Milei tente d’instaurer le minarchisme sous couvert d’une politique libertarienne. Le RN est aussi soutenu par le néonazi Elon Musk qui diffuse régulièrement des appels à la haine sur X équivalent de The Truth ou Gab.

On se souvient de la cérémonie d’ouverture de la seconde présidence américaine de Trump, le patron de Tesla y a fait deux saluts nazis pour remercier la foule avant d’intégrer le DOGE où ses intérêts et les intérêts de l’Amérique s’avérait les mêmes dans une opacité totale propre à la corruption des régimes autoritaires.

Pourtant, si la vitrine a changé d’un point de vue stratégique, les adhérents du Rassemblement National s’avèrent les mêmes que celui du Front National. De plus, le RN a un paradoxe assez intrigant, il a un FN du Nord et un FN du Sud avec des intérêts antagoniste. Dans le Nord de la France, il prétend défendre le salarié alors que dans le Sud, il s’adresse essentiellement aux classes moyennes et aisées. Cette dichotomie laisse entendre que le parti de Jean-Marie Le Pen s’adapte en fonction du territoire pour avoir le meilleur taux de réussite. Toutefois, les mesures restent les mêmes que cela à Hénin-Beaumont ou à Fréjus via une accélération des mesures ultralibérales tout en se revendiquant « antisystème ».

L’expression fait également référence à l’expression allemande « Das System » où l’antisémitisme y est surreprésenté. En effet, les nazis parlaient ainsi pour tenter d’expliquer que le monde était contrôlé par les Juifs. De nos jours, il n’est pas étonnant que l’extrême-droite utilise cette rhétorique nauséeuse pour désigner toute une partie de la population qui ne serait pas en lien avec ses valeurs. Il est fréquemment utilisé l’idée de combattre le « wokisme » et l’idéologie « woke ». On ne sait pas trop ce qu’il y a derrière cela puisque c’est un mot-valise comme défouloir pour les conservateurs pour rogner sur les droits de chacun et enclencher une société antilibérale, autoritaire, voire néofasciste.

Pendant que la gauche, les syndicats et les associations sont harcelés par le pouvoir et l’ensemble des mouvements conservateurs, il semble judicieux de se rendre compte que les temps risquent d’être compliqués. Le maccarthysme se développe dans un ensemble où chaque élément est scruté. La société se polarise à travers les milliardaires qui financent des campagnes détestables pour que les électeurs défendent les intérêts de Pierre-Edouard Sterin ou encore Vincent Bolloré et non leurs intérêts. Quand l’austérité progresse, les mouvements néo-nazis croissent de façon importante.

Durant la période de la Troïka en Grèce, Aube Dorée a même réussi à être élu au sein du Parlement. Aube Dorée se retrouve comme en équivalence à Reconquête en termes d’idées avec une approche bien plus radicale avec l’ensemble des références délétères que le parti englobe. En 2020, l’Aube Dorée est dissoute par le Parlement Grec.

L’État Français plutôt que la République française s’avère tout un programme comme le souligne la représentante du parti Les Républicains pour la ville de Marseille, dont son slogan est « Mérite, Travail, Famille, Patrie ».

Or, une question se refonde sur le projet sociétal qu’ils développent uniquement sur la violence et la hiérarchisation des êtres humains avec un discours par moment quasi-génocidaire. En France, le Rassemblement National issu du Front National essaie tant bien que mal d’effacer le projet d’origine à travers une forme de néopétainisme ultralibéral.

Dans ce sens, vivre sous le néofascisme, que cela soit en Italie, en Hongrie, en Russie ou encore aux États-Unis d’Amérique, n’a pas permis d’améliorer la vie des citoyens de ces derniers, mais au contraire, l’augmentation du taux de pauvreté augmente de façon vertigineuse. La croissance sans IA chez l’oncle Sam est nulle, voire recule.