En France, vous pouvez mourir dans l’indifférence totale si vous êtes assassinés par l’extrême-droite ou par les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, mais dès qu’il s’agit de personnes partageant les valeurs de l’extrême-droite : antisémitisme, racisme, xénophobie, etc. alors le Palais Bourbon peut demander une minute de silence dans l’indifférence générale des députés sur la scène qui vient de se dérouler sous nos yeux.
En janvier, une personne est assassinée à Lyon dans un silence assourdissant sans que cela réveille les médias traditionnels. Ismaël Aali n’a pas eu cette chance de voir dans les titres de journaux qu’il s’agit d’un assassinat glacial où son corps a été jeté à l’eau. Un mois sépare ces deux faits. Cela démontre d’une certaine manière la constance d’un Etat et d’une République au petit soin de l’extrême-droite comme le veut d’une certaine manière l’extrême-centre.
Dans un pays qui pratique le racisme systémique, les enfants de la République ne sont pas tous traités à la même hauteur. Quentin Duranque s’inscrivant dans une logique de suprématie blanche alors qu’Ismaël Aali s’avérait être une personne racisée. Si son enquête reste en cours pour que la Justice puisse retrouver ses assassins d’un assassinat raciste. Il existe une France à deux niveaux qui n’a rien à voir avec les valeurs Républicaines, notamment sur l’égalité en particulier dans le traitement de considération.
L’argument que l’on retrouve au sein du bloc central qui converge toujours plus vers l’extrême-droite : « on ne peut faire des minutes de silence pour tout le monde ». C’est compréhensible à bien des égards, mais le choix orienté des minutes de silence permettent d’assurer un axe avec l’extrême-droite qui serait en réalité « le camp néolibéral ». Jodan Bardella peut demander un « front anti-LFI ». Le ministre de l’Intérieur a d’ailleurs classé LFI comme d’extrême-gauche même si c’est totalement absurde au regard de ce que représente réellement l’extrême-gauche en termes d’idées politiques et non au bar-PMU de Place Beauvau où Laurent Nuñez a pris ses habitudes.
L’adage « deux poids, deux mesures » s’inscrit dans cette démonstration où la vie n’a pas la même valeur, et les assassinats racistes en France sont silencés au profit d’une hégémonie du néofascisme. Le journal rouge-brun Marianne va même jusqu’à reprendre l’adage des confusionnistes et de l’extrême-droite en affirmant que les antifascistes seraient des fascistes essayant de démontrer par ailleurs une fausse citation attribuée à Winston Churchill. D’autres comme le dessinateur Plantu accoutumé à cette aversion des valeurs, considère que les antifascismes sont sur le même plan que l’extrême-droite et ils ne valent pas mieux qu’eux. Phiippe Pétain à ses yeux, c’est comme Jean Moulin. C’est le grand classique de ceux qui défendent par paresse intellectuelle que « les extrêmes se rejoignent ». Or, l’extrême-gauche n’a pas le même projet que l’extrême-droite et alléguer cela revient d’une certaine manière à dédiaboliser la galaxie néofasciste.
Les médias néoconservateurs parlent sans cesse d’une découverte de la notion de violence qui n’a effectivement pas sa place dans le débat républicain. Or, justement, l’extrême-droite s’inscrit dans une violence importante contre tous ceux qui vont leur dystopie et ne correspondent à leur idéal mortifère. Pendant près de 80 ans, nous avons vécu dans une certaine liberté, même si elle n’était pas vraiment parfaite, il s’agit du résultat de nombreux antifascistes qui ont pris les armes et sont allés rejoindre la résistance contre les nazis et beaucoup d’entre eux ont combattu après la fin de la Seconde Guerre mondial afin que le slogan Plus Jamais revienne. Or, si Lyon s’avérait la capitale des Gaulle, on peut dire que les Loups sont entrés dans cette ville avec une implantation importante dans le Vieux Lyon dans l’indifférence totale des autorités et même avec une forme de bienveillance.
En essayant de dissoudre « La Jeune Garde », le ministère de l’Intérieur de l’époque (Bruno Retailleau) a donné un gage à l’extrême-droite qui demandait sa dissolution, car ils allaient sur le terrain pour s’affronter avec les milices qui agressent quotidiennement et empoisonnent la vie lyonnaise depuis des années. Le sort de la JG est entre les mains du Conseil d’État, mais le GALE (Groupe Antifasciste Lyon et Environs), la répression contre la mouvance antifasciste se poursuit et l’extrême-droite française demande à catégoriser l’antifascisme comme une mouvance terroriste comme l’a fait Donald Trump aux États-Unis d’Amérique.
Contrairement à ce que le récit médiatique de l’extrême-droite laisse sous-entendre, Quentin Duranque n’était pas un philosophe catholique rangé pour asseoir un monde meilleur. Au contraire, il a participé à une attaque violente contre des militants antifascistes, comme le démontrent les enquêtes du média alternatif Contre-Attaque. Thomas Sankara disait dans un discours : « Ils ont joué, ils ont perdu, c’est la règle du jeu, la vie continue ». Sauf que l’extrême-droite a réalisé une attaque calibrée et un des leurs est tombé dans cette attaque d’une violence inouïe. Nemesis sabrait d’ailleurs le champagne quelques heures plus tard après l’attaque montrant les valeurs qu’elles ont pour la vie humaine, mais aussi pour leurs compagnons.
