La mesure est rétroactive et les États-Unis doivent rembourser les sommes qu’ils ont taxés sur leurs citoyens d’une part, mais aussi vis-à-vis des pays tiers. Donald Trump peut s’énerver sur son réseau social orwellien, mais cela permet de comprendre qu’il souhaite diriger l’ensemble des institutions et en finir avec l’indépendance de ces dernières. Le néofascisme, dont s’inspire le président américain avec une transformation de l’économie via une approche libertarienne, risque de coûter très cher aux citoyens étasuniens. Ces derniers sont les vaches à lait de la politique du mouvement MAGA puisque l’inflation ne cesse de monter en lien avec les droits de douane.
Le président voulait également que la FED baisse les taux directeurs pour relancer un peu plus l’économie. Or, le mandat de cette dernière consiste dans la gestion de deux paramètres : l’inflation et le plein-emploi. Ainsi, l’inflation augmente et la création d’emploi s’avère faible. La volonté se retrouve à une inflation forte pour redynamiser l’économie et par ailleurs augmenter la création d’emploi. Cela est paradoxal. De ce fait, la FED a raison de ne pas baisser pour le moment les taux directeurs selon ses logorrhées et un verbiage sans fin. Il en va de l’économie et surtout d’une manière et de la respectabilité de la FED. L’inverse aurait été dramatique.
Donald Trump enrage de cette situation, car il sait que sa politique agressive est perdue. Les sommes importantes que sa majorité à la Chambre des représentants tout comme au Sénat ne suffiront pas à créer les conditions pour résoudre deux problèmes, à savoir le déficit public et la balance commerciale.
Les États-Unis ne sont pas la Grèce. Les problématiques non seulement risquent de créer non pas un shutdown, mais un défaut de paiement, c’est-à-dire la banqueroute. Le déficit public recule légèrement en 2025, mais il s’élève à 1 775 Mds de dollars (1 506,7 Mds deuros). Sur l’ensemble de l’année 2025, cela représente près de sept fois le PIB de la Grèce. À un moment donné, les droits de douane ne permettent pas de compenser l’atonie du marché hors IA. À terme, il est prévu dans les différentes trajectoires que la dette américaine rentrerait dans un effet domino à partir de 2036 où elle serait supérieure à 120% du PIB pour une somme à 65 000 Mds de dollars. S’il n’existe pas de lien entre le niveau de la dette et la performance économique, la solvabilité des États-Unis d’Amérique soulève une question sur la crédibilité des Républicains via le mouvement MAGA à gérer les affaires et un manque de rigueur qui soulève en réalité l’amateurisme de Donald Trump.
Sur la balance commerciale, elle se situe dans un déficit à 1 241 milliards de dollars (soit 1 053,6 Mds d’euros) impliquant que les États-Unis d’Amérique importe plus qu’elle ne produit. Les droits de douane n’ont permis qu’à la marge de diminuer ce dernier. Cela rappelle l’expérience d’Herbert Hoover via la loi Hawley-Smoot qui monta ces derniers jusqu’à 55%, mais cela a considérablement renforcé la crise économique suite au Krach Boursier de 1929. On connaît la suite, le pays en est sorti par une dépression économique monumentale. Dans l’esprit étasunien, cela a considérablement marqué la mémoire collective. Cependant, cela a dû s’estomper puisque le responsable entre autres de la crise de 1929 est une référence pour Donald Trump. Or, les mêmes politiques dans des conditions similaires créent les mêmes résultats.
L’Union européenne qui s’était pliée face à Donald Trump avec l’appui de la Hongrie et de l’Italie, a les raisons de considérer que l’accord obtenu avec un montant de 15% s’avère nul en raison de la décision de la Cour Suprême. Or, l’accord est suspendu de facto puisque les droits de douane sont considérés comme non conformes à la Constitution américaine. Ursula von der Leyen ne peut rester dans une posture d’accepter les diatribes d’une personne qui a pour projet de détruire l’Union européenne. Maintenant, c’est à son tour de se montrer forte et solide afin d’accélérer le projet fédéral et se créer non pas en partenaire des États-Unis d’Amérique prêt à accepter n’importe quelle mesure, mais de peser le poids, quitte à mettre en application des principes anti-coercitif. L’Europe peut rebondir de façon importante face à cela.
Donald Trump promettait une économie merveilleusement retrouvée comme jamais qui allait arriver à un âge d’or dans un concept millénariste comme de nombreux néofascistes. Aujourd’hui, la gueule de bois est arrivée, il faut rembourser rapidement les droits de douane et alourdir encore plus le déficit public. Certes, il peut affirmer qu’ils feront autrement via d’autres arguments, mais pour le moment, il faut passer à la caisse pour payer et rendre aux contribuables américains ce qu’il leur a été volé par l’inflation, mais aussi aux différents pays. Le protectionnisme coûte cher. Heureusement que les Midterms sanctionneront avec de très grandes chances sa politique désastreuse et péjorative pour les États-Unis d’Amérique.
