En effet, l’extrême-gauche suggère l’idée de prendre la révolution non pas les urnes, mais par la rue et les mouvements de masse. La France Insoumise s’avère être un mouvement social-démocrate assez classique, en réalité même plus modéré que le programme de 1981 du front commun de François Mitterrand. Cette démarche permet de soutenir une volonté de créer un arc républicain en lien avec un arc néolibéral.

L’arc permet de considérer à cet effet que la social-démocratie est devenue par une radicalisation des centristes vers la droite pour l’extrême-gauche et qu’il considère les sociaux-libéraux comme la gauche, c’est-à-dire la droite du travail et la gauche tiède sur les sujets de société. Le Parti Socialiste n’a de socialiste que le nom, il constitue en réalité une deuxième droite légèrement sociale. La présidence de François Hollande s’inscrit dans ce que Laurent Wauquiez appelait la « droite sociale ». Nombreux sont les électeurs à avoir été profondément déçu du quinquennat du Parti Socialiste au point qu’un slogan a souvent émergé « Plus Jamais PS ». De cette manière, les différentes lois passées ont considérablement avantagé le patronat comme la Loi Rebsamen, la Loi El-Khomri, mais aussi sur les questions de sécurité à travers la codification de l’état d’urgence dans le droit commun, etc. Pourtant, Laurent Nuñez s’abstient à considérer le Parti Socialiste comme un parti de droite libéral assez classique. N’est-ce pas d’une certaine façon de la mauvaise foi de sa part ?

À ce jour, le Parti Socialiste se situe plus à droite que Dominique de Villepin qui fût le père du CPE. Cela devrait aboutir à une réflexion notamment chez des personnalités comme Jérôme Guedj qui souhaite à ce titre se présenter à l’élection présidentielle, mais marche dans les pas d’Emmanuel Macron, lui-même marchant dans les pas de François Hollande et celui-ci de Nicolas Sarkozy. Jérôme Guedj est considéré comme la gauche sous François Hollande. Dès lors, il se retrouve au sein de l’aile gauche de la deuxième droite. Il faut rappeler que le Parti Socialiste en 2022 a fait uniquement avec Anne Hidalgo a fait 1,75 %. Les sièges des élus aux élections législatives de 2022 ont eu 3,78% des voix au premier tour sous la NUPES. Sous le NFP qui leur a été favorable, ils ont fait 8,58% des voix. François Hollande a été élu sous l’angle du NFP. Sans cela, il n’aurait jamais été élu.

Ce qui apparaît comme intéressant d’un point de vue, les membres du Parti Socialiste finissent toujours par trahir y compris contre leurs électeurs et la coalition qui leur a été investi comme c’est le cas de François Hollande.

Le parti « Les Républicains » demande un « front anti-LFI » suite aux événements où les fascistes du groupe de Némésis ont organisé un guet-apens et l’un des leurs est décédé suite à la légitime défense et une réponse proportionnelle au déchaînement de violence de l’extrême-droite. La Jeune Garde en voie de dissolution sous des rumeurs d’antisémitisme laisse tout de même un axe entre Renaissance allant jusqu’aux néonazis. Qui s’associe, s’assemble.

Ce n’est pas un hasard, si le parti « Horizons » fricote également Pierre-Edouard Sterin et son projet PERICLES.

Leur influence se tourne le parti « Die Republikaner » en Allemagne ou en encore « The Republicans » aux États-Unis d’Amérique. La convergence entre ces partis réside dans le fait qu’ils ont un nom et même des valeurs profondément antagonistes au nom qu’ils utilisent. Le parti « Les Républicains » reste un parti d’extrême-droite, mais considéré sur l’échiquier comme de droite, « Die Republikaner » en Allemagne est un parti néo-nazi, mais se réclame de la République et le « Republican Party » dans sa mouvance MAGA est un parti néofasciste. De plus, une scission a éclaté au sein de « Les Républicains » puisque Eric Ciotti a fondé l’Union des Droites pour la République, mais n’est toujours pas républicain. Dans ce sens, on comprend mieux le langage sarcastique utilisé par ceux qui se réclament de la République pour mieux la détruire de l’intérieur.

Cette sécession voulue et entretenue présente les caractéristiques de développer une nostalgie qui n’a jamais existé. L’Arbre de la liberté, la devise de la République sont autant d’approches profondément haïes par ces personnes. Il faut rappeler qu’Emmanuel Macron a fait l’éloge du Pétainisme, de la monarchie et parle très régulièrement comme Charles Maurras en voulant un État légal au lieu de l’État de droit.

Quoi qu’il en soit, les manœuvres tentant de discréditer les Insoumis trouvent leur jargon notamment chez certains antisémites du bloc central comme Aurore Bergé, actuel Ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations. Proche de la mouvance de l’extrême-droite, cela ne surprend guère.

Le « LFI bashing » relève une mécanique organisée et orchestrée par l’extrême-droite et les milliardaires réactionnaires pour mieux disloquer d’une certaine manière les mesures de solidarité dissoudre la République. Parfois, il faut savoir s’associer au-delà de nos divergences sur ce qu’il nous rassemble. Aujourd’hui, il s’agit de LFI, mais demain, quel parti de gauche réformiste sera dans le viseur ?