Le 17 février 2026, Yaël Braun-Pivet a rendu hommage à un néonazi et antisémite notoire à travers Quentin Deranque en connaissance de cause. Elle affirmera ne pas savoir en ayant découvert que l’hommage au néonazisme et à l’antisémitisme n’était pas passé au sein de la gauche et relevait une présidente opportuniste capable des hommages à la pire barbarie. Sans boussole et sans repère, son rejet de la gauche l’a conduite dans les bras non pas de l’extrême-droite, mais d’organisation néonazie proche de la mouvance terroriste.
Les discours sur la République se retrouvent instrumentalisés par une personne qui appartient à une mouvance sur le spectre politique qui en dernier désespoir finira toujours par soutenir le démantèlement de la République et les idées de l’extrême-droite. N’est pas républicain qui veut et qui s’autoproclame comme tel. Dans le même temps, nous avons un fil conducteur au sein de Renaissance lorsque Aurore bergé parle de « l’antifrance » ou encore Gabriel Attal parle de « la France aux Français ».
Ces idées ne sont pas sorties d’un chapeau magique, mais de la figure de Charles Maurras condamné par ailleurs pour collaboration avec le régime nazi. L’ironie retiendra que ce sont les mêmes qui sont des « républicain » quand ça leur chante qui ont fait voter une loi pour dissoudre tous les collectifs considérés comme contraire aux valeurs de ce qu’ils se font de la République. Le danger se résume présent sous nos yeux.
On est en mesure de se poser une question si l’extrême-centre ne glisse-t-il ou fusionne-t-il avec l’extrême-droite ? Ils disent cependant défendre la République. Une République à l’image de l’État Français. Mais l’héritage de l’extrême-droite de « Renaissance » provient du parti « La France En Marche » qui lui-même avait succédé à « En Marche », d’où les initiales témoignaient déjà d’un narcissisme du pouvoir par Emmanuel Macron.
D’autres références sont bien aussi présentes comme le titre d’un film du cinéma de l’armée de Vichy intitulée « la France en marche ». Le choix dans « Renaissance » tente de masquer un lien évident avec le vichysme.
Certains nous reprocherons certainement d’utiliser un point godwin et d’arguer que la comparaison atteint ses limites. Pourtant, il semble nécessaire que la comparaison historique permet d’être nécessaire sur un élément : éviter que les mêmes erreurs dans un contextes similaires se reproduisent avec des conséquences similaires également pour les minorités et un désastre économique.
Pourtant, changer de nom un parti politique ne change pas le fond de son idéologie. La boutique se transforme dans la devanture, mais pas l’intérieur et encore moins l’arrière-boutique. Si « Renaissance » fait figure du « Siècle des lumières », il en reste pas moins que la lumière reste profondément éteinte au sein de ce parti. Le lien reste par ailleurs très fort puisque Karl Schmitt, juriste nazi s’inscrivant comme modèle à suivre. La première des violences reste intellectuelle.
Dans un pays qui subit le maccarthysme avec ses relents antisémites qu’on a évoqués précédemment, l’histoire est servie comme un roman national où la remise en cause de faits historiques pour servir un narratif ne choque plus. Ce déni de l’Histoire rappelle la fin du Zentrum en Allemagne durant l’entre deux guerres qui a quelques exceptions a appliqué la même politique que la galaxie centriste ces dix dernières années.
Le Zentrum est aujourd’hui parti intégrant de la CDU/CSU en Allemagne. En essayant de créer une fenêtre d’Overton en dehors du champ républicain, l’extrême-droite progresse. Certains partis, dont s’allient Renaissance ne cachent plus leur affinité avec l’extrême-droite comme le parti « Les Républicains », car il s’agit d’un parti d’extrême-droite. Ironiquement, quand l’Union pour un Mouvement Populaire avait de nom, cela avait glacé le sang en Allemagne, comme « Die Republikaner » était un mouvement néonazi. Dans ce sens, Angela Merkel avait eu raison de ses craintes.
Si tout est bon à taper sur la gauche, car le néonazisme et l’antisémitisme serait des valeurs supérieures alors la boucle médiatique des milliardaires s’est offert un festin. Pourtant, leurs faits suivaient un narratif imaginaire ancré dans l’axe de l’extrême-droite de l’organisation masculiniste et néonazie Némésis. L’idée suivait que l’extrême-gauche avait organisé un guet-apens contre des femmes, mais le déroulement s’est effectué différemment. Némésis avait organisé un guet-apens comme appât contre la mouvance antifasciste avec le regard bienveillant des forces étatiques.
Tout le monde le savait que les responsables dans cette affaire s’inscrivaient dans l’extrême-droite que ce soit les néo-nazis ou Némésis (donc des néonazies, sic). Forçant sur une volonté de tordre des faits, Renaissance a fermé les yeux et par nostalgie d’où ils viennent a assumé son antisémitisme et néonazisme rance. L’extrême-centre ici ou le Zentrum hier, c’est la même nostalgie d’un imaginaire avec lequel l’extrême-droite est préférée en se disant qu’elle n’appliquera pas son programme au regard des réalités économiques et politiques. Pourtant, c’est un leurre.
Les libéraux et conservateurs hurlaient à la violence politique qui proviendrait de la gauche et de la mouvance antifasciste. Quentin Deranque avait déclaré avant de décéder : « on remet ça ». C’était pour une nouvelle ratonnade et une violence assumée que l’extrême-centre assume. Cependant, en reprenant la dialectique de l’Allemagne nazie permet de leur dire : « un mensonge dit une fois reste un mensonge, mas répéter un million de fois devient une vérité ». Or, un mensonge reste un mensonge peu importe le nombre de fois qu’il est martelé.
Jean-Michel Aulas, candidat à la mairie de Lyon avait voulu mettre un portrait en grand de Quentin Deranque sur l’édifice de la mairie. Est-ce un hasard si le CRIF avait soutenu Jean-Michel Aulas dans sa candidature lors du deuxième tour des élections municipales ? Parfois, certaines organisations sont problématiques, mais encore pire quand elles s’inscrivent dans le maccarthysme et l’antisémitisme sous-jacent de cette doctrine.
Il ne se passe pas une semaine sans que l’extrême-droite harcèle, agresse ou tue. L’accélération de cette violence pose surtout la question de cette couverture politique du terrorisme d’extrême-droite qui reste actuellement la première menace en France sous couvert de l’extrême-centre. Mettre des œillères ne suffit pour tenter de masquer sa complicité.
