Ça fait maintenant plus d’un mois. Une guerre qui devait durer une semaine. Et nous y sommes encore.
L’Amérique de Donald Trump s’est embourbée dans un nouveau conflit, et ça rappelle quelque chose. Ça rappelle George W. Bush, autre conservateur, qui s’était lancé tête baissée en Irak, mettant la région à feu et à sang. On connaît la suite : l’Irak est devenu le terreau de Daesh, nourri en partie par les débris du régime de Saddam Hussein. L’histoire bégaie.
Et avec elle revient une vieille illusion : celle de libérer les femmes sous les bombes. C’est un leurre. Ça l’a toujours été.
La femme iranienne est souvent convoquée dans le débat occidental comme un argument, un symbole, mais rarement comme un sujet. On l’instrumentalise. On brandit son combat quand ça arrange, et on regarde ailleurs quand ça dérange. Parce que pendant ce temps-là, dans ces mêmes pays qui se posent en défenseurs des droits des femmes, des lois se multiplient pour contrôler leur corps : l’avortement criminalisé, leurs désirs niés, leurs choix encadrés.
Alors non. On ne peut pas bombarder à l’aveugle au nom des droits des femmes quand, au même moment, le mouvement trumpiste traite ces droits de « wokisme », ce mot-valise conçu précisément pour renvoyer les droits collectifs au Moyen Âge. Certains États américains emprisonnent des femmes pour avoir avorté. Certains partisans du MAGA ont même voulu légaliser ce slogan glaçant : « ton corps, mon choix ». Le double discours est flagrant.
Derrière la rhétorique de la libération, ce qu’on retrouve, c’est une vieille logique néoconservatrice : le changement de régime. Imposer, par la force, un alignement sur un modèle de gouvernance où les droits civils des minorités sont, dans les faits, de plus en plus fragilisés.
Et ce n’est pas une coïncidence si, dans certaines villes, ce sont les monarchistes qui défilent. Des gens qui rêvent du retour du Shah d’Iran et de la dictature qui allait avec. La même nostalgie réactionnaire qu’on connaît ici, en France, avec l’Action française. La restauration comme horizon politique.
Enfin, on ne peut pas conclure sans mentionner ce qu’on oublie trop facilement : le sort des Kurdes d’Iran, dans le Rojhelat. Là, la répression continue. Silencieusement. Sans caméras. Sans chroniques.