Cela ne vous aura pas échappé, l’Union européenne souhaite valider la ratification du traité du MERCOSUR après une vingtaine d’année de négociation.
L’industrie agricole menée par la FNSEA (et les JA) et la CR se retrouve comme souvent dans une contradiction. Sous la surface de l’iceberg, cela se résume par un soutien aux grandes exploitations et sur la surface, des manifestations d’entrepreneurs agricoles assez remontés. L’une des problématiques se résume à ce que deux corporations proches de l’État et de l’extrême-droite, notamment la FNSEA puisqu’elle est en partie issue de la Corporation Paysanne. Ces deux structures sont connues pour leurs différents soutiens à l’agriculture intensive et la fin de la paysannerie.
Le projet du MERCOSUR est d’abord appliqué en France. La destruction du monde paysan n’a pas commencé voilà environ 20 ans, mais depuis plus d’un siècle et s’est accéléré après la Seconde Guerre mondiale. Des régions sont sinistrées par l’industrie comme la Bretagne avec le problème des algues vertes et les élevages intensifs porcins. Le modèle français de la FNSEA/CR est compatible avec le modèle du MERCOSUR.
L’un des slogans se résume à « on vous nourrit », mais dans quelles conditions ? Dans quelles approches ? Dans quelle éthique ? Sur le terrain, les intérêts de la FNSEA/CR sont assez similaires avec le modèle que défend les pays du MERCOSUR : destruction de la paysannerie (au profit de grands groupes agricoles comme Avril), méga-bassine (qui s’élève extrêmement élevé en termes de coût pour les paysans), les grandes exploitations (par le rachat méthodique des petites exploitations), pesticides à outrances comme le refus de la Science, etc. L’idée ne se résume pas à nourrir, mais plutôt à créer les conditions qui permettent de soutenir un modèle précis qui n’a rien à voir avec l’idée que l’on se fait du petit paysan.
Le duo FNSEA/CR a soutenu notamment la loi Duplomb qui s’inscrit comme la fin de l’agriculture pour la détruire de l’intérieur afin de satisfaire les intérêts des grands groupes. Elle s’inscrivait particulièrement dans un bashing écologique propre aux méthodes de la mouvance trumpiste et ce que cela implique. Le refus de la démocratie et du soulèvement général qu’a créé une pétition fiable vu qu’elle était sur le site de l’Assemblée Nationale à atteindre 2 Millions de personnes différentes. Pendant que des personnes issues de l’Action Française comme Gérald Darmanin appliquait le concept maurrassien de l’état légal en narguant un écoterrorisme qui n’a jamais existé, cela montre bien la filiation idéologique qui se trouve au sein du centre à l’extrême-droite. Peut-être légale, la procédure qu’ils ont mise en place, mais n’a rien à voir avec l’esprit démocratique du fond de la procédure.
L’ironie se résume d’une certaine manière à ce que les partisans d’une agriculture sans norme et à outrance de pesticides soient les premiers à critiquer une agriculture anomique au nom d’une défense d’un « patriotisme alimentaire ». Mais, le monde change et le modèle MERCOSUR à l’intérieur.
Dans le même temps, la Confédération Paysanne, plus respectueuse du monde paysan et de ses valeurs, se retrouve comme une épine dans le pied pour le monde productiviste. Or, les arrestations de ces derniers jours de ces porte-paroles rappellent étonnement que les intérêts agro-industriels du duo FNSEA/CR sont assimilés à des intérêts de l’État. Les corporations agricoles commettent des millions de dégâts chaque année, mais il se retrouve objectivement à s’attaquer au vrai défenseur du petit paysan. Cela se comprend parfaitement au vu de la pensée macroniste qui criminalise tous les opposants idéologiques en terroriste.
Qu’on se rassure, ce ne sont pas le modèle de la FNSEA/CR qui sauveront les paysans, pas plus que le MEDEF sauvera les salariés. Bien au contraire, c’est le modèle qui achève les paysans depuis 1945. Et le fait que la FNSEA/CR agit comme une corporation n’a rien de démocratique et met un frein au développement rural. Soutenir ce modèle n’a que pour ambition d’en terminer avec un concept avec lequel l’imaginaire se confronte à une réalité antagoniste. C’est bien cela le problème, on ne peut ni faire confiance au duo FNSEA/CR, ni faire confiance à leurs associés de l’État.

