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La loi sur la fin de vie

Il aura fallu attendre peu de temps avant que la loi sur la fin de vie ne déclenche un tollé sur les premiers concernés, à savoir les personnes en situation de handicap.

Les premiers concernés juges mortifères une loi qui va accentuer une problématique : comment se soigner quand l’accès aux soins est prohibé ? Cette question soulève mécaniquement les liens entre l’austérité et l’euthanasie. La devise de la République à savoir « Liberté, Égalité, Fraternité » s’arrête aux différents handicaps. Une grande partie de ceux-ci restent invisibles.

Un paradoxe se glisse dans une société profondément validiste, dont la quasi-totalité des élus de la République aux deux chambres parlementaires sont des personnes valides : comment savent-ils les besoins des personnes en situation de handicap quand eux-mêmes ne sont pas concernés ? De cette façon, les moyens vis-à-vis des entreprises représentent entre 210 et 270 Mds d’euros, mais aucun moyens ne permet à ce que les personnes en situation de handicap puissent vivre dignement ? Ainsi, la précarisation comme vecteur de souffrance supplémentaire pousse d’une certaine manière ces derniers vers l’euthanasie comme un moyen de libération.

Aujourd’hui, on entend des personnes en situation de handicap narrer leur dégoût vis-à-vis de cette fausse république, dont les associations comme ADMD proche du pouvoir tente de soutenir cette idée. Pourtant, il s’agit d’une forfaiture sur le papier, car la fin de vie existant déjà, elle apporte en réalité une approche dangereuse et probablement antirépublicaine.

Comment se nomme une volonté de pousser au suicide une partie de la population, puisque les offres de soins ne sont pas adaptées et que les pensions d’invalidité tout comme les différentes allocations concernant le handicap ne permettent pas de vivre dignement ? Il s’agit clairement d’une approche eugéniste.

Les soins palliatifs existent déjà, mais ne sont pas adaptés en raison d’une baisse du budget de la Sécurité sociale où l’on préfère exonérer les entreprises pour éviter d’avoir une santé de qualité. Les directives anticipées permettent aux soignants d’adapter la fin de vie. En effet, cela existait déjà, il fallait renforcer simplement le budget de la Sécurité sociale, mais 70 à 90 Mds d’euros manque au niveau de la Trésorerie comme l’allègement Fillon et bien d’autres comme le CICE.

L’euthanasie ouvre donc une boite de Pandore et certaines personnes en situation de handicap n’hésite pas à craindre le début d’une nouvelle Aktion T4 à savoir le programme hitlérien pour l’éradication des personnes en situation de handicap. Dans une société qui se tourne vers l’extrême-droite et se radicalise avec des thèses dangereuses, les personnes en situation de handicap sont visées au nom des économies budgétaires qui prennent des formes particulières comme les embûches sur l’accès à leurs droits propres comme les dossiers vis-à-vis de la MDPH.

Nous sommes au bord du précipice et cela va interroger sur les décideurs concernant leur volonté et savoir, comment lutte-t-on contre le validisme quand il devient une raison au sein d’un Parlement bicaméral traversant tous les partis politiques.

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