La répression de l’antifascisme à l’heure du fascisme moins une
Laurent Nuñez est certainement le locataire de Place Beauvau le plus réactionnaire que la France ait connu depuis 1944. Il faut dire que la Police Nationale a été fondée sous le régime de Vichy. Elle s’inscrit aujourd’hui via ses corporations comme un État dans l’État dans lequel règne la loi du silence et la nostalgie du Pétainisme.
Au départ, une raison se trouvait dans un article rédigé il y a quelques années, notamment sur la similitude de l’extrême-centre entre l’entre deux guerres en Allemagne et sous la présidence d’Emmanuel Macron.
Sa croisade contre les collectifs antifascistes n’interpelle plus grand monde au sein des communautés progressistes. Emmanuel Macron a été élu dans le cadre d’un barrage républicain. La classe dominante tente des stratégies tel un joueur d’échiquier en politique. Cela s’entrevoit différemment dans notre époque où les similitudes historiques font ressurgir la bête immonde. Les similitudes progressent entre deux époques distinctes et cela interrogent dans le fond sur l’axe de défense de la République.
Et si l’Histoire se répétait à nouveau ?
Le Zentrum d’hier se retrouve dans la galaxie centriste aujourd’hui (Renaissance, Horizons, UDI, MODEM, etc.). La particularité du parti centriste dans l’entre deux guerres se résume à tendre idéologiquement avec le parti nationaliste allemand de l’époque soutenu par les industriels et le patronat.
Le Parti national du peuple allemand a deux équivalents à savoir du Parti « Les Républicains » de Laurent Wauquiez ou « l’Union des Droites pour la République » d’Eric Ciotti. Ces deux partis s’orientent à travers une scission, mais dans les faits partagent quasiment la même ligne ultra-conservatrice.
Le moment de bascule se résume lorsque le Zentrum applique l’équivalent de l’article 49-3 au sein de la République de Weimar via l’article 48. Cela permet qu’une minorité puisse diriger dans un Parlement morcelé. De ce fait, le Zentrum comme le bloc central sous Emmanuel Macron s’adapte à une situation dangereuse.
Ce n’est pas un hasard si Emmanuel Macron admet une référence importante à Carl Schmitt, un juriste nazi allemand. Ce dernier est opposé à l’État de droit afin de s’orienter vers le droit naturel, c’est exactement la pensée qui a été développée par Charles Maurras d’une certaine manière en France, via la question de l’État légal. Or, la pensée justement se veut s’orienter vers un conservatisme important.
Un off de l’avocat Arié Alimi auteur du livre Etat Hors la loi révèle d’une conversation ahurissante, notamment les références objectivement antisémites du président de la République.
Dans la dissolution de 1930, le Zentrum se retrouve avec 11,81% des voix au Reichstag. Renaissance en 2024 ne fait que 12,32% des voix et le bloc centriste à travers l’ensemble de sa galaxie permet d’avoir 21,76% sous le nom de « Ensemble pour la République ». La triste scène que donnera le président de la République pour refuser d’appliquer le parlementarisme suscitera la colère au sein de la coalition majoritaire, à savoir le Nouveau Front Populaire avec 28,79% des voix et 190 députés, dont François Hollande. Le Rassemblement National obtient 33,37% des voix pour 143 députés. Emmanuel Macron applique une lecture légale contraire à l’esprit du droit en nommant Michel Barnier au poste de premier ministre suivant une lecture légaliste de la Constitution.
Le Zentrum par l’intermédiaire de Franz von Papen permet au Nazi de prendre le pouvoir tout en refusant les extrêmes qui sera la politique de Heinrich Brüning. On sait aujourd’hui, que la politique d’austérité réalisée par le centre a favorisé le parti nazi.
Cela fait aussi un écho à la politique d’Emmanuel Macron et de son gouvernement minoritaire à renvoyer LO/NPA-A au RN/R !. Pourtant, une sémantique s’est glissée ces derniers temps que LFI à savoir un mouvement social-démocrate serait d’extrême-gauche impliquant une forfaiture intellectuelle et une méconnaissance absolue de ce que représente la politique de gauche et la différence avec l’extrême-gauche.
Le Parti Socialiste (PS) s’est allié au NFP, mais très vite des désaccords sur la stratégie à employer se trouve au sein de ce courant tiède. Les réformistes accompagnent progressivement le gouvernement centriste au point qu’une rupture se crée sur le budget 2026 pour aucune réforme sociale. Les libéraux et conservateurs considéreront que l’austérité est socialiste. Récemment, le PS s’éloigne doucement du NFP et trahit une fois de plus l’électorat de gauche pour s’allier avec les centristes en acceptant l’idée de deux gauches irréconciliables comme le fît le SPD dans son époque.
Ainsi, le SPD ne veut s’allier au KPD en rejetant les extrêmes également. La IIe Internationale se retrouvait déjà à la marge du projet initial, à savoir le socialisme, mais aussi porte une responsabilité importante dans la montée du nazisme en Allemagne. Cela n’est pas anecdotique, si une partie des communistes allemands dans leurs différents courants nommaient les socialistes en social-fascistes. Elle existe encore de nos jours, mais ce sont principalement des partis centristes.
On peut dire d’une certaine manière, que von Papen aura eu la casquette en France de Michel Barnier et François Bayrou. De cette manière, Science Po dira à propos de von Papen :
De juin 1932 à décembre 1932, von Papen fut chancelier, gouvernant avec ce qu’on a appelé « un cabinet de barons ». Von Papen gouverna par décrets signés par Hindenburg. Son gouvernement fut impopulaire car il mena une politique antisociale.
Lors de l’élection présidentielle de 1932, le parti nazi arrive en deuxième position avec environ 30% des voix. En 1934, Paul von Hindenburg meurt d’un cancer du poumon et cela débouche sur une instabilité alors Adolf Hitler utilise le référendum pour s’octroyer les pleins pouvoirs dans le cadre d’un plébiscite le Paul von Hindenburg. En effet, le président du Reich et le chancelier deviennent une seule entité.
On se rend mieux compte de l’analogie entre deux époques, deux pays différents, mais où les idées les plus extrêmes venant de la droite séduisent progressivement une partie de la classe dominante, des industriels et du patronat afin de faire perdurer un modèle économique qui avantage les classes aisées et se fonde sur l’exploitation accélérée du capitalisme.
Mais en France que se passe-t-il aui niveau du récit médiatique ?
Fort contre les antifascistes, tendre avec les néofascistes, cela permet d’une certaine manière d’ouvrir un boulevard à l’extrême-droite en appliquant son programme. Il faut rappeler que le GALE avait été dissout. Le Ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez tente de saisir le procureur pour reconstitution de ligue dissoute concernant la Jeune Garde. Il faut rappeler que la Jeune Garde a été dissoute sous pression de Némésis, une organisation masculiniste néonazie composée uniquement de femmes où sa géranteAlice Cordier a été formé chez les libertariens de la Galaxie Atlas.
Pendant ce temps-là, le fascisme progresse à travers la main de centristes, cela se retrouve comme profondément irresponsable pour paraphraser le livre de Johann Chapoutot. Les organisations patronales commencent à accepter l’idée d’être gouverné par l’extrême-droite, notamment au sein du MEDEF et de la CGPME.
Le néofascisme n’est pas une construction récente, elle est le résultat de 45 ans d’abandon par les partis dits républicains à appliquer un programme avec des mesures néofascistes. Dans ce sens, la juxtaposition de ces mesures permet de souligner qu’aujourd’hui dans la sphère politique, une dictature demain serait le bienvenu afin de stabiliser la politique. D’autant que les néofascistes peuvent s’appuyer sur le ministère de l’Intérieur qui reste inféodé à l’extrême-droite.
Il est l’heure du fascisme moins une, et on verra qui sont les personnes qui finalement rejoignent l’idée du néofascisme et ceux qui combattent cela.